Eléments généraux :

Genre :Comédie fantastique et humour noir

Réalisé par: Marc Caro et Jean-pierre Jeunet


Avec: Pascal Benezech, Dominique Pinon, Marie-Laure Dougnac, Jean-Claude Dreyfus, Karin Viard

Durée : 1 h 39


Année de production : 1991

France

Film pour Adolescent et adulte

 

 

SYNOPSIS :

Ce film plonge le spectateur dans un monde inquiétant et burlesque, proche de la bande-dessinée. Des personnages sont en même temps atypiques et terriblement proches …. Un chef d’œuvre d’humour noir et de poésie franchouillard !
Le boucher procure une viande qui provient on ne sait d'où alors que des crimes ont lieu dans l'immeuble et le clown fournit une musique sur scie musicale…

Une hypothèse , à laquelle la plupart des aspects du film s'accordent : tout est vu à travers le regard de deux enfants de sept ans ; regard à la fois horrifié et narquois sur le monde des adultes et des Français en particulier, monde louche, clos, repoussant de laideur et de saleté, jusqu'à ce qu'un artiste venu d'ailleurs, du cirque ou du music hall, y fasse entrer la fantaisie et n'y réveille une petite princesse qui joue du violoncelle. Farceurs , ces enfants appréhendent le monde qui les structure à partir des contes les plus archaïques et les plus permanents : l'Ogre, le Loup (qui mange le Grand'mère), la légende de Saint Nicolas et de saloir . Le boucher qui aiguise d'énormes couteaux et roule ses yeux blancs joue dans cet univers fantasmatique le rôle central d'un ordonnateur. Heureusement, un clown (au chômage technique parce qu'on a mangé son singe savant), soulève un vent salutaire de fraîcheur et d'innocence au pays des cannibales, au point que la timide (et myope!) fille du boucher se mettra en quatre pour lui éviter le hachoir de papa...

Le film se situe n'importe où et n'importe quand, les rêves n'ont pas d'âge et nous entrons dans une logique onirique. Vu du dehors, l'immeuble vétuste de ce no man's land présente la silhouette menaçante d'un pays d'où nul ne revient. Cependant la télévision en noir et blanc, l'émission " La Piste aux étoiles" évoquent bien des années 60.

Une fois les méchants punis, comme il se doit, par eux-mêmes, paliers et cloisons effondrés sous les déluges purificateurs d'une chasse d'eau surréaliste, les élus se retrouvent sur le toit, en plein ciel : Une rencontre hors du temps et de l'espace s'accomplit à la faveur de la musique dans le duo inattendu d'un violoncelle et d'une scie musicale : LA grâce !

Servis par des « gueules » du cinéma français (Jean-Claude Dreyfus, Dominique Pinon, Rufus, Ticky Holgado). Caro et Jeunet jettent dans ce film les bases d'un univers à la fois glauque et poétique qui s'affinera au fur et à mesure de leur filmographie (La Cité des enfants perdus, Alien resurrection, Amélie Poulain).

 

 

LE REALISATEUR : Marc Caro et Jean-pierre Jeunet

Si l'on parcourt le paysage cinématographique français des vingt
dernières années, le « couple » Caro et Jeunet ( http://jeunetcaro.online.fr ), apparaît de toute évidence comme l'un des plus inventifs de sa génération. En effet, le succès d'un film tel que Delicatessen et - dans une moindre mesure - de La Cité des enfants perdus prouve à quel point leur univers, mêlant noirceur et poésie, a pu trouver chez le public un écho sensible et bienveillant.
Enfants de l'après-guerre, les deux complices se sont rencontrés dans les années 70 à l'occasion du Festival d'animation d'Annecy. Marc Caro publiait alors régulièrement ses bandes dessinées à l'atmosphère volontiers morbide dans des revues telles que Métal hurlant, Fluide glacial ou L'Echo des savanes, tandis que Jean-Pierre Jeunet étudiait les techniques de l'animation auprès des studios Cinémation. Ces deux univers alternatifs semblaient alors faits pour se rencontrer, et après quelques publications en commun - notamment des monographies sur Tex Avery, Jacques Rouxel (créateur des Shadoks) ou encore les frères Fleischer (créateurs de Betty Boop et de Popeye) -, leur collaboration cinématographique se concrétise par la réalisation de L'Evasion en 1978, puis du Manège en 1979 - deux courts métrages d'animation dans lesquels Jeunet met en scène les « créatures » imaginées par Caro. Déjà à travers ces deux histoires courtes s'affirme l'univers sombre et inquiétant que l'on retrouvera dans bon nombre de leurs films suivants, notamment dans Le Bunker de la dernière rafale qu'ils coréalisent en 1981, empreint de l'esthétique expressionniste et de la culture punk chère aux années 80.

Les œuvres qui succéderont à ce film s'inscriront dans un registre beaucoup plus léger et poétique, privilégiant un vocabulaire toujours plus visuel. Cette période s'ouvre avec Pas de repos pour Billy Brakko en 1983, adaptation par Jeunet d'une bande dessinée de Caro, puis les deux compères prendront ensuite un peu d'écart, Caro s'orientant vers la vidéo avec des génériques d'émissions de télévision et quelques films de danse pour Régine Chopinot et son Ballet Atlantique, tandis que Jeunet se consacrera essentiellement à la réalisation de clips, notamment pour Julien Clerc et Etienne Daho.

Six ans plus tard, en 1989, Jean-Pierre Jeunet réalise seul Foutaises, dont le succès et les multiples récompenses (prix du public, prix Jacques-Tati et prix de la presse au Festival de Clermont-Ferrand, prix du public au Festival d'Alès, César du court métrage, etc.) viendront consacrer son talent de court métragiste, et lui ouvrir les portes du long métrage. En effet, deux ans plus tard, il retrouvera Marc Caro pour coréaliser le mémorable Delicatessen. Puis ce sera La Cité des enfants perdus en 1995 qui malgré un succès plus mitigé n'en demeure pas moins un chef-d'œuvre d'inventions visuelles et techniques. Enfin, Jeunet s'envole en solitaire vers les Etats-Unis pour réaliser Alien, la résurrection, expérience aussi difficile que passionnante, dans laquelle il a su tirer son épingle du jeu et déjouer les rouages de la machine hollywoodienne au profit des noirceurs labyrinthiques de son imaginaire. Enfin Jean-Pierre Jeunet commence le millénaire avec un succès planétaire : "Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain", co-écrit avec Guillaume Laurant, qui avait déjà signé les dialogues additionnels de "La Cité des Enfants Perdus" ainsi que le scénario de "Un samedi sur la Terre" (de Diane Bertrand, femme à la ville de JPJ). Pour le moment, Jeunet n'a aucun projet précis mais souhaite continuer à réaliser en France...


FILMOGRAPHIE


L'Evasion, 1978, 35 mm, couleur, 715, animation.
Le Manège, 1979, 35 mm, couleur, 1010, animation.
Le Bunker de la dernière rafale, 1981, 35 mm, couleur, 26'30
(coréalisé avec Marc Caro).
Pas de repos pour Billy Brakko, 1983, 35 mm, couleur, 4'40.
La Fille au bas nylon, 1984, clip pour Julien Clerc.
Zoolook, 1984, 5', coréalisé avec Marc Caro, clip
pour Jean-Michel Jarre.
Fantasmagories, 1984, série sur le cinéma d'animation
pour FR3, 8 x 30'.
Tombé pour la France, 1986, clip pour Etienne Daho.
Hélène, 1987, clip pour Julien Clerc.
Souvenez-vous de nous, 1988, clip pour Claudia Phillips.
Foutaises, 1989, 35 mm, noir et blanc, 7 '30.
Delicatessen, 1991, long métrage, coréalisé avec Marc Caro
http://jeunetcaro.online.fr
La Cité des enfants perdus, 1995, long métrage, coréalisé avec Marc Caro.
http://jeunetcaro.online.fr
Alien la résurrection, 1997, long métrage.
Le fabuleux destin d'Amélie Poulain, 2001, long métrage.
www.amelie-lefilm.com

http://jeunetcaro.online.fr/francais/index.html



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