Eléments généraux :

Genre : Drame

Réalisateur : Coline Serreau


• Date de parution : 2001


Avec : Vincent Lindon, Catherine Frot, Rachida Brakni

Durée : 1h 49min.

RESERVE AUX ELEVES DE LYCEE

Des scènes peuvent heurter la sensibilite de certains spectateurs

 

 

SYNOPSIS :

Contrairement à ce que pouvait laisser penser la bande annonce, ce film est bien plus qu’une peinture sarcastique et humoristique de la société bourgeoise. Certes, on retrouve bien la patte de Coline Serreau dans la vision acide de cette famille à l’aise, visiblement plus unie par l’habitude et l’intérêt mutuel que par de vrais liens affectifs. Et on s’amuse des petites piques dont les protagonistes émaillent leurs journées, pour le principe. Car leur vie semble vraiment bien fadasse…
Et puis soudain, suite à une agression dont ils sont les témoins plus que discrets, la vie de ce petit couple « bien comme il faut » va basculer, le caractère des personnages se révéler, et le film prendre un parti féministe militant. Et c’est vrai que le genre masculin n’est pas à la fête entre un mari se comportant comme un véritable mufle totalement empoté côté activités ménagères, un fils présenté un petit fumiste branleur, des proxénètes sadiques et avides, des clients pathétiques… Seul le personnage masculin du commissaire de police arrive à sauver l’honneur.
Mais ce parti pris n’est pas agressif : il est plutôt fait pour choquer, pour renforcer le côté « appel révolutionnaire » contre tous ces actes sociaux qui limitent ou maltraitent les femmes : le cantonnement dans les taches ménagères, le sexisme, la prostitution, les pratiques culturelles ou religieuses.
Catherine Frot est comme toujours délicieusement décalée et directe. Vincent Lindon porte tout le désespoir de sa triste vie sur son dos. Mais il faut aussi aller voir ce film pour le personnage de Malika (Rachida Brakni), superbe de volonté, de finesse et d’intelligence, et qui apporte un peu d’espoir au milieu de tous ces événements tragiques et cette agressivité que nous connaissons dans la société d’aujourd’hui. A noter en particulier une dénonciation de l’islam dénaturé cultivé dans les banlieues. Seule une artiste maghrébine pouvait se permettre de dire ces vérités haut et fort. Mais il a fallu quand même oser… Bravo et merci à elle…, en espérant que ces mots réveilleront les consciences…

 

 

 

LA REALISATRICE : Coline SERREAU

La réalisatrice : Coline Serreau.Son bac en poche, Coline Serreau croque avec gourmandise dans le milieu artistique. Elle suit des études de Lettres, entre au Conservatoire de Musique, suit des cours de trapèze à l'Ecole du Cirque d'Annie Fratellini et apprend la danse. Artiste polyvalente, elle se tourne finalement vers les Arts dramatiques. Après l'Ecole de la rue Blanche, elle devient stagiaire à la Comédie-Française et joue pour la première fois sur scène en 1970. Sur les planches, elle fréquente notamment Romain Bouteille, Coluche ou Patrick Dewaere. Coline Serreau signe son premier scénario en 1973 (On s'est trompé d'histoire d'amour de Jean-Louis Bertucelli). Deux ans plus tard, elle passe à la réalisation avec Rendez-vous, un premier court-métrage destiné à la télévision. En 1973, avec le documentaire Mais qu'est-ce qu'elles veulent ?, elle se taille une réputation d'artiste engagée et féministe. La même année, elle réalise son premier long-métrage de fiction, Pourquoi pas !. Après Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ? en 1982, Coline Serreau connaît la consécration avec le triomphe mondial de Trois hommes et un couffin (1985), dans lequel un trio d'hommes en mal de paternité est confronté à l'ère de la femme et de la parité. En 1989, son cheval de bataille est la tolérance interraciale avec l'histoire d'amour improbable d'un PDG et de sa femme de ménage noire (Romuald et Juliette). Puis ce sera La Crise et de nouveau le succès grâce à cette peinture sans concession (mais pleine de dérision) du désarroi de toute une époque marquée par le chômage, le divorce, l'éclatement de la famille... Dans La Belle Verte (1996), Coline Serreau se met elle-même en scène dans un rôle d'extra-terrestre découvrant une planète saccagée par les excès de la société de consommation. Cinq ans plus tard, elle signe le féroce Chaos, dénonciation musclée d'une société sans courage, six foix nommé aux César. Coline Serreau renoue en 2003 avec la comédie qui avait fait son succès en réunissant 18 ans après le trio de Trois hommes et un couffin composé de Michel Boujenah, André Dussollier et Roland Giraud. En 2005, elle persévère dans le registre comique avec le film-choral Saint-Jacques... La Mecque

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